Libération│Foire aux petites mains à l’Assemblée nationale

POLITIQUES │ 18 juillet 2012

Foire aux petites mains à l’Assemblée nationale (extraits)

ENQUÊTE Après la saison des élections, arrive la valse des collaborateurs au Palais-Bourbon. Où les postes à temps plein sont de plus en plus rares, et la transparence n’est pas de mise.

Par CHARLOTTE ROTMAN, ALICE GERAUD

Jour de rentrée à l’Assemblée nationale. Les nouveaux députés (234 cette année) sont reconnaissables : ils jettent des regards dans tous les sens, sans savoir où aller. Et sont souvent accompagnés d’un homme ou d’une femme plus jeune, l’air plus assuré, qui coule des regards complices aux huissiers et semble chez soi au Palais-Bourbon. Ce sont des collaborateurs parlementaires. Leurs tâches, assez variées, vont du simple secrétariat à la rédaction d’amendements ou de discours, en passant par la représentation du député en circonscription, les relations avec les journalistes ou la veille des travaux de l’Assemblée. Certains sont influents, d’autres seront traités comme «une nounou, qui ira au pressing, rapportera le café et réservera l’hôtel ou le train», raconte l’une de ces petites mains.

A l’affût. On ne sait pas combien ils sont. Jean-François Cassant, secrétaire général de l’Union syndicale des collaborateurs parlementaires (USCP-Unsa), estime qu’il y aurait 2 400 «contrats» environ. Le député socialiste Bernard Roman, qui avait entamé un travail sur le statut de ces collaborateurs lors de la précédente législature, n’avait lui-même pas réussi à obtenir ces chiffres du Palais-Bourbon. Aujourd’hui questeur, c’est-à-dire chargé des finances de l’Assemblée, il compte imposer la transparence sur ce système.«Je serais très bientôt en mesure de savoir combien de collaborateurs travaillent ici, et de communiquer ces chiffres», assure-t-il (1). Une petite révolution en perspective dans ce monde parallèle et opaque.


Kleenex. Selon Jean-François Cassant, les collaborateurs sont «un peu trop souvent considérés comme des Kleenex que l’on peut jeter sans se poser de questions». Depuis des années, son syndicat se bat pour qu’un statut leur soit reconnu, afin qu’ils puissent bénéficier de la protection d’une convention collective, comme la plupart des salariés :«C’est une précarité globalement acceptée par les députés, analyse un collaborateur de droite. Les hommes politiques cherchent le combat, ne vivent que pour gagner et écraser les autres. Cette position de domination, ils l’exercent au sein du Parlement et dans leur bureau.»

Pour Jean-François Cassant, la volonté affichée de la gauche de faire évoluer les choses est «un très bon signe». Il espère que cela se fera vite : «A l’Assemblée, les mauvaises habitudes se prennent assez rapidement.»

(1) Lire l’entretien avec Bernard Roman sur libération. fr.

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À propos de USC UNSA AN

Union syndicale des collaborateurs parlementaires de l'Assemblée nationale, affiliée à l'Union syndicale des syndicats autonomes A

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